Shihan Pierre Grondin - Entretien


Bonjour Shihan


-A quel âge avez-vous commencé le karaté?

A 14 ans en 1975…A une époque où le Karaté commençait à être enseigné. Avant il n’y avait que le judo. Et les films de Bruce Lee ont été les déclencheurs.


-Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans le karaté ?

A cet âge on veut être comme son idole et plus fort que tout le monde… Et mon père qui aimait le catch, le judo…il m’a inscrit au Club des pompiers avec mon professeur Alix MAZAKA


-Avez-vous pratiqué d’autres sports que les arts martiaux?

Un peu de judo, de la boxe américaine durant ma période de réflexion après l’arrêt de la compétition en 1990.


-Dans quelles circonstances? Avec qui?

J’arrêtai la compétition de Karaté traditionnel et la pratique du Shotokan me frustrait durant les combats où tous les coups sont contrôlés.


-Quel est votre palmarès en tant que compétiteur?

J’ai été maintes fois champion de la Réunion en moins de 70kg et j’ai fais partie de la première équipe Kata Réunionnaise qui a fait un podium national (3ème ) avec Patrick MAZAKA et Eric CHANE YOUNG HIME. De beaux souvenirs…et pas mal de souffrances…On s’entraînait 3 fois par jour.


-Comment avez-vous découvert le Kyokushinkai? Et pourquoi!

Apres mon épisode boxe américaine qui m’apportait dans ma recherche de « contact »…le dogi et les kata me manquaient…Le Kyokushinkai rassemblait tout…Pratique martiale complète et contact


-Que pensez-vous des sports de combats comme le MMA?

C’est une approche très complète de l’affrontement…un retour au temps des gladiateurs. Je préfère l’approche du jiu jitsu Brésilien qui est très technique...Mais respect pour les combattants MMA…Il faut y aller…Le Kyokushinkai est une bonne école pour vivre l’affrontement réel où le KO est autorisé.

-Pouvez-vous nous parler de votre expérience au japon?

Je pense que séjourner au Japon est obligatoire pour tout pratiquant passionné. Vivre a la japonaise, s’entrainer à la japonaise…vivre un championnat du Monde a Tokyo et s’entrainer à Mitsumine mythique lieu où s’entraînait OYAMA avec les cascades…Ça permet de comprendre certaines approches japonaises uniques qu’on comprend mieux après…

-Que pensez-vous de l’évolution du kyokushin au niveau régional? au niveau mondial?

Depuis le décès de OYAMA le développement a été exceptionnel…Les vertus du Kyokushinkai ont été répandu à travers le monde et c’est le style de Karaté le plus pratiqué au monde. Pour moi qui avais flashé sur cette école il était incontournable de le développer à la Réunion pour faire bénéficier aux réunionnais des vertus et des valeurs de ce style.


-Vous êtes Directeur technique de la ligue Réunion à la Fédération Française de Karaté, est-ce que cette fonction officielle a guidé votre choix de vous affilier à la seule Fédération Mondiale Kyokushin plutôt que de rester avec une organisation privée japonaise moins "démocratique" et plus axée sur l'aspect financier que rapportent ses adhérents ?

Les affinités et la philosophie de ces fédérations plus modernes et moins mercantile ont davantage guidé mes choix


-Quelles implications souhaitez-vous prendre au sein de cette Fédération mondiale Kyokushin vis à vis de l'organisation française, d'une part sur l'île de la Réunion et d'autre part sur la zone Océan Indien ?

Participer au rayonnement de la KWF sur l’ile et dans l’Océan Indien est une belle aventure…qui a déjà commencé et qui est porteuse…Pour le rayonnement au niveau mondial la nouvelle génération de combattants à commencé à briller sur les podiums…le reste est encore à venir.


-Qu'attendez-vous de la Kyokushin World Federation(KWF) en termes de développement pour les années à venir ?

C’est une Fédération déjà très dynamique et qui rassemble de plus en plus de pratiquants et de pays autour de son approche. Notre dynamisme localement devra être à l’image du travail entamé par cette fédération : stages, passages de grade, formation des professeurs, développement dans l’Océan Indien… déjà commencé par Maurice, grands évènements …première Indian Océan Cup organisée avec panache…L’important est de diffuser et de faire partager nos valeurs après du plus grand nombre jeunes et moins jeunes.


Que pensez-vous de votre dojo ?

Quand j’ai créé le Dojo en 2004, j’avais un rêve : faire du dojo un centre de diffusion et de formation du Kyokushinkai et un centre d’arts martiaux pour travailler avec des passionnés. Je voulais transmettre et diffuser les valeurs du Kyokushinkai d’OYAMA. 15 ans après, le pari est tenu et même au-delà de mon rêve. Le Bien-Etre fait partie du Dojo dans la logique d’une pratique de longévité avec le Tai Chi Chuan et l’espace de soins énergétiques. J’ai formé des cohortes de pratiquants qui ont eu une réussite sportive et surtout réussit leur VIE car c’est cela qui semble prioritaire : faire que à travers la pratique du Kyokushinkai émergent des hommes et des femmes avec de bonnes valeurs qui permettent leur insertion dans la société.


-Quel est votre plus beau souvenir? Et le plus triste?

Avoir pu faire découvrir et apprécier le Kyokushinkai aux réunionnais et voir le nombre de clubs qui proposent du Kyokushinkai dans l’île. De plus le travail sur le développement de masse a été couplé au développement de la pratique de compétition…la masse et l’élite…de la masse sort l’élite et l’élite inspire les débutants la boucle est bouclée. La formation d’éducateurs de qualité est aussi une belle réussite.

Pour les mauvais souvenirs, La déviance de certains pratiquants qui, quand ils ont atteint un certain niveau grâce au Dojo, s’emballent et se sentent à l’étroit…Cela représente moins de 1% des pratiquants et comme le sait tout Sensei cela fait partie du parcours d’un enseignant…mais comme dans la nature, l’élimination naturelle débarrasse l’arbre des fruits de mauvaise qualité…le plus dur est pour celui qui part…pas pour les 99% qui restent…donc plus de joies que de tristesse.


-Votre dojo en un mot?

LE « lieu de transmission »


-Quel message pouvez-vous faire passer à ceux qui hésitent, ou qui n’osent pas se lancer dans les arts martiaux ?

On peut découvrir et rejoindre la Voie Kyokushin à tous les instants de sa vie


Comment œuvrer pour faire connaitre davantage le Kyokushinkai au grand public (démonstration?), et attirer plus de personne?

Les grands évènements Coupe internationale qui mettent un coup de projecteur sur le Kyokushinkai sont les meilleures vitrines pour notre discipline on peut y voir un concentré de notre pratique et cela amène de nouveaux pratiquants dans nos dojo au vu de la tenue de nos combattants durant ces compétitions.

Comment voyez-vous l’avenir de votre dojo, avez-vous des projets ?

Le Dojo a encore beaucoup de potentialités…Il possède des atouts solides en terme d’équipement et d’espace et les années à venir des actions continueront pour assurer un développement encore plus grand du Kyokushinkai pour l’ile mais aussi pour toute la zone Océan Indien.


Que représente pour vous la pratique du karaté et principalement du KYOKUSHIN?

Le Karaté c’est la vie !!! : la santé, les valeurs morales et de partage, l’esprit de famille et surtout le respect de soi et des autres.


Pour vous, quel animal pourrait le mieux représenter la philosophie du Kyokushin?

L’Ours qui développe une force extraordinaire mais qui ne gesticule pas et qui semble un peu lourdaud


Que pensez-vous de l’explosion du Kyokushin en plusieurs organisations mondiales suite à la mort de Mas Oyama et que pensez vous de la tendance actuelle de certaines organisations à se regrouper?